La commission dévoile son plan de lutte contre la pauvreté au sein de l’UE

Lors de son dernier discours sur l’Etat de l’Union, prononcé en décembre 2025, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, a fait de la lutte contre la pauvreté l’une des priorités de l’UE. Ainsi, une stratégie européenne de lutte contre la pauvreté a été présentée mercredi 6 mai 2026, réaffirmant plusieurs exigences de la Commission. Cette stratégie s’appuie essentiellement sur des dispositifs préexistants.

L’objectif est d’accompagner les 93 millions de personnes qu’Eurostat identifie en risque de pauvreté et d’exclusion sociale (soit 20% de la population de l’UE), dont 19 millions d’enfants (soit ¼ des enfants de l’UE). Aussi, la commission souhaite agir sur trois piliers que sont le logement, l’emploi, et le cycle de la pauvreté infantile. Pour ce faire, elle ambitionne d’unir ses forces avec les gouvernements nationaux, régionaux et locaux, les entreprises et la société civile, notamment via une « coalition contre la pauvreté ».

Pour agir sur les trois piliers qu’elle a identifiés, la commission propose :

  • De renforcer l’action sur les questions de logement. L’essentiel des positions adoptées sur le sujet résultent du plan européen pour les logements abordables adopté par la Commission en décembre 2025, et dont elle réaffirmait déjà les orientations dans le cadre du semestre européen. Parmi ses préconisations figurent l’augmentation des parcs de logement sociaux par les Etats membres, l’application des recommandations horizontales pour la lutte contre l’exclusion liée au logement, et des mesures préventives pratiques adressées aux citoyens (comme des systèmes d'alerte précoce, une aide locative d'urgence, des conseils en matière d'endettement, une médiation visant à prévenir la perte de logement, qu'une aide ciblée pour les personnes confrontées à l'expulsion ou à la violence domestique).
  • De mettre en place une synergie entre une « garantie enfance renforcée » et la « garantie jeunesse ». L’objectif de cette synergie est, entre autres, de mieux prendre en compte les jeunes « NEETs » (Sans étude, ni emploi, ni formation). Afin de renforcer cette garantie enfant, la commission souhaite que les Etats membres révisent leurs plans nationaux et y intègrent de nouveaux défis :
    • L’accès gratuit des enfants dans le besoin à des repas scolaires.
    • La protection des enfants contre les menaces en ligne et hors ligne (y compris l’exploitation et les abus).
    • L'amélioration de l'accès des enfants à des programmes de mentorat et aux soins de santé mentale.
    • La commission souhaite également faire le lien entre la pauvreté des enfants et la situation professionnelle de leurs parents en consultant les partenaires sociaux, au deuxième semestre 2026, pour « rapprocher du monde du travail » des parents d’enfants en bas âge qui en sont exclus.
  •  De lutter contre la pauvreté au sein de la vie professionnelle. Pour permettre d’orienter vers des emplois de qualité les « 16 millions de travailleurs ne parviennent pas à finir le mois malgré leur salaire » (Roxana Mînzatu, Vice-présidente de la commission), la Commission fournira des orientations politiques en 2027. Ces préconisations devraient identifier les facteurs de la pauvreté au travail, définir de bonnes pratiques favorisant un temps de travail accru, et rendre les systèmes fiscaux et sociaux plus cohérents afin que l'augmentation du nombre d'heures travaillées se traduise par des revenus plus élevés.

Dans le cadre de cette stratégie, la commission identifie aussi d’autres priorités d’action :

  • L’action en faveur des personnes en situation de handicap.
  • Une plus grande coopération entre les services.
  • Une réduction de la complexité administrative.
  • La mise en place d’une « coalition contre la pauvreté des entreprises et organisations philanthropiques ».
  • La nomination de « coordinateurs nationaux ».

Malgré l’ambition affichée par la commission, cette dernière ne propose encore aucun moyen financier supplémentaire. Ainsi, elle souhaite s’appuyer sur le FSE+ et la « coalition contre la pauvreté » pour financer ses ambitions, en partenariat avec la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et la Banque de Développement Sociale pour l’Europe (CEB).

Enfin, il semble important de préciser qu’une grande partie du Parlement Européen regrette un manque de budget. En effet, contrairement au Parlement Européen, la commission ne sanctuarise pas de moyens financiers pour le FSE+ dans sa proposition de CFP 2028‑2034.

Pour aller plus loin :

Stratégie de la commission pour lutter contre la pauvreté (synthèse) (Anglais)

Recommandations du conseil pour lutter contre le mal logement (Anglais)

Déclaration de la commission

 

MOREUX

Christophe
Directeur Général
Tel.: (33) 02.38.77.83.83
christophe.moreux@afccre.org